Arnaud Vallet est infirmier psychiatrique et coordonnateur de l’Hôpital de Jour l’Adamant, sur la Seine, à Paris. Il raconte ici en quoi le confinement vient mettre à mal la dimension du contact et faire de tout un chacun une menace potentielle pour l’autre.
En ces temps de libertés confinées, l’émission Bruits de couloir, diffusée sur FPP 103.6 pour celles et ceux qui habitent Paris, nous donne un peu d’air. Bravo et merci à eux! On en reparle.
Pas soignant justement Se sent inutile Pas toujours facile de réagir en ces moments là. On aime pas le téléphone ni internet On aime serrer les mains, voir les regards, parler, écouter, se rencontrer même contre toute attente, se fabriquer une vie ensemble quoi.
Trouver au moins le tempo
Regarder de loin les rues se vider, les commerces se fermer. Tout ça a une drôle d’odeur à 7 heures comme à 14 heures ou à minuit. Cette rue vide, c’est pas ça le réel? C’est tellement étrange ! Le temps défile sans rien dire.
Il faut, il faut regarder le temps passer, c’est important
Observer de loin les insouciants, les inconscients, les poètes, les apeurés Tranquilles, les effrayés agressifs. Ceux du dehors pour qui c’est impossible de supporter l’enfermement qui déambulent Parce que sont déjà trop enfermés ou trop confinés, mal entourés. Même les dealers ont déserté… Personnages masqués de blanc, de noir, ou pas. Quelle pièce joue-t-on ? On attend ce que va faire ce MR Corona dans le désert des Tartares A la TV, ça s’agite par contre. Les héros, les politiques, les pauvres, les riches, rien n’est équitable. Un petit enfant prend une fessée parce qu’il s’est échappé pour jouer avec un autre. Un SDF prend une amende parce qu’il n’a pas d’autorisation. Mourir à Carrefour à 16 ans. En Afrique gazer le Corona avec des insecticides. En Inde, distribuer du savon aux indigents Bah rien d’anormal, l’absurdité ferait elle partie de la vie ? On le sait bien mais là ça insiste.
Ne pas regarder les infos, lire le journal.
Garder ses distances mais prendre garde aux distances Lorsqu’elles nous éloignent de la vie. Un chien qui tire la langue, trop baladé le chien. Faut pas sortir pour rien. On a pas faim, déjà sous antibiotique et on a peur dehors. Alors on sort le clébard….quand on en a. Un chat sur le muret d’en face se plante là, on se sent observé mais non Il chasse un geai. Jamais vu ça avant dans le 93. On regarde le geai s’envoler avec une envie terrible d’avoir des ailes. Reste le chat qui vous regarde. Ça fait du bien !!!
Frédéric va dans la rue, déserte, pas un chat, s’achète un friand à la boulangerie bunkerisée en mode plastique et rentre chez lui retrouver Michel Vaillant. Tendez bien l’oreille, on entend un cor de chasse!
Dans ce dernier épisode Laurence se souvient de Christian Zervos, fondateur de la revue Cahiers d’Art, alors voisin de ses parents, chez qui elle se rendait pour regarder sa collection de tableaux.
Oubliez les radios et leurs interviews policées, si standardisées, si convenues. Dimitri est arrivé en pleine assemblée générale de l’association et plus personne ne savait où donner de la tête voire même de la voix.
Laurent en connaît un rayon question mélancolie, le romantisme allemand n’a pas de secret pour lui. Il dit de lui qu’il est un « dinosaure sentimental », une espèce en voie d’extinction, lui aussi a été frappé par une météore ravageuse mais a survécu miraculeusement à ces avanies amoureuses. Archéologue de lui même, il cherche dans les ruines de son passé quelques traces de bonheur oublié.
Il était une fois un homme revenu des enfers grâce au pouvoir des mots, à l’écriture, à une revue. En peu de mots, c’est l’histoire de cet homme devenu poète à plein temps.
Avide de grands espaces, dans la lignée de mes ancêtres explorateurs, j’ai choisi à 30 ans de m’exiler en Angola. Polyglotte et aventurier dans l’âme je suis devenu traducteur pour les chemins de fer de Benguela et j’y ai rencontré mon ami et poète Alexandre Dáskalos. Voici une tranche de ma vie…