Vers l’inconnu, 1993 (détail), technique mixte (peinture et collage), Olivier.
Olivier est un poète dit « voyant » ou encore « un voyou de la science », il a bien voulu se prêter au jeu de l’interview afin de nous raconter par quels chemins il en était venu à écrire de la poésie et selon quels procédés. Une rencontre en 3 temps où il est question de mathématiques, de théologie, du Moi qui grince et d’un « je souffre donc je suis ».
Les deux premières parties ont été enregistrées chez Olivier et la troisième sur l’Adamant.
Laurent écrit des poèmes quotidiennement depuis des années, poèmes publiés dans le journal « Les Beaux Barres ». Il nous raconte ici comment la figure de Verlaine, son « copain d’infortune » l’accompagne, le soutient chaque jour.
Des mois de confinement, de gestes barrières, d’attestations, de contrôles, de peur, et ne plus savoir comment se tenir, à quelle distance, trop près, trop loin.
Je dois faire d'un ennui un divertissement La ville me contemple Les escaliers aussi Mauvais pressentiment terrible consentement Les pages à la va-vite L'ennui se fait discret Comment combler le vide toujours à la va-vite Je dois faire d'un ennui un divertissement Mon ami je t'espère vois la nomenclature On est bien tous les deux J'escalade jusqu'au ciel Le joyeux haricot mais attends l'utopie Qui frôle en permanence Nos deux corps en errance Malgré ce doute tenace qui erre en pérennant Changeons ces habitudes Reprenons le chemin Qui fuit et nous est dû malgré la volonté De tracer l'espérance Rafraîchis ton visage souviens toi de l'attente
Posée à ma fenêtre, fumant une cigarette. A gauche la tour Eiffel, A droite la tour Montparnasse, Au milieu un morceau du périph’
De ma fenêtre Paris est vivant Une agitation vient briser la danse langoureuse des lumières de la tour Montparnasse. Applaudissements, bravos, et casseroles » C’EST LE PEUPLE AND CO’ « ( Corona-V, covid-19, confinement, congratulation). Mille lumières au loin qui scintillent ainsi que le bruit sourd du périph, viennent accompagner cette cacophonie. Observant avec pudeur cette représentation du PEUPLE AND CO’.
Posée à ma fenêtre terminant ma cigarette En face un parc. J’observe le vent effleurer les feuilles.
De ma fenêtre Paris est vivant Une agitation vient briser le silence de mes pensées. Des rires, des pleurs, une imprimante exaltée. » C’EST LE REPOS EN CONFINEMENT «
Pas soignant justement Se sent inutile Pas toujours facile de réagir en ces moments là. On aime pas le téléphone ni internet On aime serrer les mains, voir les regards, parler, écouter, se rencontrer même contre toute attente, se fabriquer une vie ensemble quoi.
Trouver au moins le tempo
Regarder de loin les rues se vider, les commerces se fermer. Tout ça a une drôle d’odeur à 7 heures comme à 14 heures ou à minuit. Cette rue vide, c’est pas ça le réel? C’est tellement étrange ! Le temps défile sans rien dire.
Il faut, il faut regarder le temps passer, c’est important
Observer de loin les insouciants, les inconscients, les poètes, les apeurés Tranquilles, les effrayés agressifs. Ceux du dehors pour qui c’est impossible de supporter l’enfermement qui déambulent Parce que sont déjà trop enfermés ou trop confinés, mal entourés. Même les dealers ont déserté… Personnages masqués de blanc, de noir, ou pas. Quelle pièce joue-t-on ? On attend ce que va faire ce MR Corona dans le désert des Tartares A la TV, ça s’agite par contre. Les héros, les politiques, les pauvres, les riches, rien n’est équitable. Un petit enfant prend une fessée parce qu’il s’est échappé pour jouer avec un autre. Un SDF prend une amende parce qu’il n’a pas d’autorisation. Mourir à Carrefour à 16 ans. En Afrique gazer le Corona avec des insecticides. En Inde, distribuer du savon aux indigents Bah rien d’anormal, l’absurdité ferait elle partie de la vie ? On le sait bien mais là ça insiste.
Ne pas regarder les infos, lire le journal.
Garder ses distances mais prendre garde aux distances Lorsqu’elles nous éloignent de la vie. Un chien qui tire la langue, trop baladé le chien. Faut pas sortir pour rien. On a pas faim, déjà sous antibiotique et on a peur dehors. Alors on sort le clébard….quand on en a. Un chat sur le muret d’en face se plante là, on se sent observé mais non Il chasse un geai. Jamais vu ça avant dans le 93. On regarde le geai s’envoler avec une envie terrible d’avoir des ailes. Reste le chat qui vous regarde. Ça fait du bien !!!
Il était une fois un homme revenu des enfers grâce au pouvoir des mots, à l’écriture, à une revue. En peu de mots, c’est l’histoire de cet homme devenu poète à plein temps.
Il s’agit d’un poème de Pouchkine, c’est le prologue de Rouslan et Ludmila que j’ai appris à l’école. J’aime bien la version russe qui parle de l’âme russe. Pouchkine est un poète qui parle vrai. Pouchkine était un métis mais quand il parle des Russes c’est comme si il avait toujours été russe.